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Oeuvre artistique de la semaine : Portrait des Rois modernes

Publié le par la classe de CM1-CM2

Le thème étudié cette semaine. Entre François 1er, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, c'est Louis XIVqui a remporté les suffrages de la classe.

Le tableau de Louis XIV a été beaucoup apprécié par les enfants.

 

Louis XIV , roi de France (1638 - 1715) , par Hyacinthe Rigaud, en 1701. Huile sur toile, 313 x 205 cm, Châteaux de Versailles et de Trianon, MV 2041 © RM N - Grand Palais  – Château de Versailles  – Daniel Arnaudet / Gérard Blot

Louis XIV , roi de France (1638 - 1715) , par Hyacinthe Rigaud, en 1701. Huile sur toile, 313 x 205 cm, Châteaux de Versailles et de Trianon, MV 2041 © RM N - Grand Palais – Château de Versailles – Daniel Arnaudet / Gérard Blot

Ce portrait de Louis XIV en costume de sacre est un portrait d’apparat commandé par le roi pour son petit-fils, Philippe d’Anjou. Celui-ci venait de monter sur le trône d’Espagne le 16 décembre 1700 sous le nom de Philippe V, inaugurant la branche des Bourbons d’Espagne. L’œuvre représente les deux images de Louis XIV
: d’une part,celle d’un homme de soixante-trois ans en habit de cour, et d’autre
part,celle d’un roi.
Icône du pouvoir et de la mode de son temps, Louis XIV a su apprécier dans ce tableau une mise en scène qui avait considérablement construit l’image de la souveraineté absolue.

Ce grand portrait d’apparat serait en fait un montage, réalisé à plusieurs mains, dans l’atelier de Rigaud : la tête du roi, esquissée par Prieur, un des élèves du maître, aurait été peinte sur une toile indépendante, puis fixée sur la grande toile.

Tout oppose, en effet, la partie inférieure du corps – des jambes de jeune homme, gainées de soie, amorçant un pas de danse – et la partie supérieure : le visage réaliste d’un homme alors âgé de soixante-trois ans.

Vieil homme avec un corps de jeune homme, Louis XIV est entouré des insignes de la royauté : le collier de l’ordre du Saint-Esprit, le sceptre – tenu à l’envers, comme une canne ! –, la couronne fermée, la main de justice, et il y apparaît comme hors du temps, dans une sorte d’éternité.

Le tableau de Rigaud construit ainsi un portrait syncrétique, qui illustre parfaitement « les deux corps du roi », le cœur de la problématique du grand livre d’Ernst Kantorowicz (voir bibliographie), qui a bien expliqué la double nature de la souveraineté : le roi symbolique, qui ne meurt jamais (la grandeur et les attributs de la monarchie), et le roi physique, le « simple corps » mortel du roi-homme, la personne de Louis XIV.

Ce roi physique est saisi à différents moments de sa vie : maître d’œuvre d’une cour brillante (les éléments du costume mondain, sous le manteau du sacre, contribuent à créer une distance entre les symboles de la royauté et la personne du roi), en perpétuelle représentation ; grand amateur de ballets ; souverain absolu durant un règne déjà long de quarante-sept ans.

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